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Le Libertaire Bisontin

Le Libertaire Bisontin

Journal d'un anarchiste.

Une camarade mise au ban par l'Est Répugnant

Pour comprendre l'expression, il faut s'attarder sur le terme "ban". Il vient du verbe francique "bannan" signifiant condamner ou interdire. Par extension, et des décennies plus tard, il a donné naissance à cette formulation qui exprime l'idée de proclamer une personne indigne de considération, de la mépriser dans un groupe, ou plus largement, dans la société.

Une grosse pensée pour une camarade et amie qui, à l'issue d'une soirée arrosée qui au départ se déroulait dans la joie et la bonne humeur, s'est retrouvée condamnée à cinq mois de prison ferme pour avoir bousculé un flic et prononcé des mots un peu plus hauts les uns que les autres.

Les faits ne sont certes pas en sa faveur, mais rappelons que dans cette histoire notre camarade n'a fait que pousser un policier, un véritable colosse d'au minimum 1M80 avec ses mains, elle qui mesure tout au plus 1M65...

Peut-on raisonnablement parler de violence ? En revanche, la balayette que lui a imposé la brute en retour et qui a fait effondrer la copine est éloquente. Cette dernière n'a pas pu les insulter, du moins pas pendant l'interpellation comme énoncé par V.C dans son torchon, car pendant le reste de l'interpellation elle était à terre, complètement sonnée, comme un boxeur K.O ; d'ailleurs le torchon de l'Est Répugnant ne cite aucune de ces soi-disant insultes.

Pourtant ils ne se privent pas de tourner à la bouffonnerie la souffrance d'une camarade : "Bouteille de rosé à la main, elle insulte et frappe les policiers" mais en plus c'est faux ! Frapper et pousser ne sont quand même pas la même chose...

Mais bon, comment en vouloir à V.C., il n'était pas témoin direct de la scène, il n'a fait que pomper bêtement ce que la police lui a donné et peut être ce qu'il a entendu au tribunal ; bref encore du grand journalisme d'investigation. 😅 Comment en vouloir à V.C., étudiant qui n'a fait qu'une année de droit sans la valider et qui à l'occasion d'un stage d'été et au lieu de retaper comme l'aurait fait toute personne un tant soit peu courageuse, s'est conforté dans un poste comme journaliste à L'Est Répugnant. A chacun·e ses rêves brisés et ses écrans de fumée...

Notre camarade, loin d'être une "folle", "hautement diplômée" qui aurait gâché sa vie avec "soirées et alcool" est au contraire extrêmement lucide et c'est certainement cela qui l'a conduit à souffrir hautement. Elle qui pendant des années et des années s'est battue professionnellement pour l'insertion des jeunes, qui a ensuite continué ce combat en transmettant son savoir à de futurs travailleurs sociaux au sein de l'IRTS de Besançon a observé le recul de l'engagement de l’État en faveur du social, la détresse grandissante des publics auxquels les intervenants sociaux sont confrontés.

Quand elle a voulu soulever le problème aux yeux de l'ensemble du milieu social, elle s'est retrouvée relativement isolée et en a énormément souffert, elle qui croyait très fort en son métier, en ses valeurs... Comment ne pas souffrir quand ce en quoi l'on croit est mis à mal par des politiques publiques toutes plus désastreuses les unes que les autres ??

Devant cela, chaque fois que des résistances populaires se mettent en branle pour tenter de mettre en échec ces politiques antisociales, nous retrouvons les parfaits valets de ceux qui se repaissent de nos chairs et de notre sang : les flics. Véritables chiens de garde de la bourgeoisie impérialiste, ils sont toujours prompts à montrer les crocs pour protéger les biens que leurs maîtres nous ont savamment usurpés...

Mais bref, pour une fois depuis longtemps, notre camarade était sortie de sa tristesse, elle s'était arrêtée quelques instants pour communiquer sa joie de vivre à des plus jeunes rencontrés sur notre route. L'une d'elle s'est trouvée être une de ses anciennes élèves, l'ambiance était chaleureuse, certes bruyante pour le voisinage de Granvelle mais vraiment rien de méchant, simplement des jeunes et moins jeunes qui célébraient le fait d'être en vie.

Trois voitures de police sont intervenues pour ce simple fait ; voilà le rêve de notre amie se transformer en cauchemar, elle qui était si bien se retrouve certainement à cet instant confrontée à ses pires démons militants, entourée de bleusaille elle panique, en pousse un avec ses mains : cinq mois ferme avec aménagement de peine par surveillance électronique à domicile. Et c'est elle la dingue ??!

Je terminerai ce billet en précisant que mon amie n'y est pas liée, ce que je dis sur elle n'est que ma propre interprétation, c'est mon amie, je connais son parcours, ses forces, ses faiblesses, j'étais présent avec elle lors de son interpellation, c'est sur cette base que je m'appuie.

Je lui envoie tout mon soutien, ma force et mon amour dans cette nouvelle épreuve de sa vie. 🏴

PS : Pas de lien vers le torchon de V.C ici mais vous pouvez le trouver aisément.

 

Musique que j'avais déjà entendu mais sans y prêter gare, c'est mon amie "bannie" de la "bonne" communauté qui me l'a fait redécouvrir. Pour l'anecdote elle l'a chantée à m'en faire monter les larmes aux yeux. Tous les gens présents sur les quais (Vauban, Veil Picard, Battant) l'on applaudi à la fin tellement elle a assurée.

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